- En moyenne tension (MT), le kWh ONEE pour une industrie va de 0,7131 DH (heures creuses) à 1,3645 DH (heures de pointe), avec une prime fixe de 494,09 DH/kVA/an — TVA 20 % incluse.
- En haute tension (60 kV), un industriel qui tourne en 3×8 (option TLU) paie son kWh dès 0,6263 DH en heures creuses ; en très haute tension (225 kV), il descend à 0,6077 DH.
- Quatre options coexistent en HT/THT — TLU, MU, CU, TCU — selon la durée annuelle d'utilisation de la puissance, de plus de 6 000 h/an à moins de 1 000 h/an.
- Les industriels paient en plus le TURT (≈ 6,39 c/kWh) et le TSS (≈ 6,35 c/kWh) fixés par l'ANRE pour la période 2024-2026, qui rémunèrent l'usage du réseau de transport et les services système.
- La grille industrielle n'a pas bougé depuis 2015 ; l'ANRE prépare une refonte complète pour mars 2027, qui devrait rapprocher les prix de vente du coût réel de production (≈ 1,21 DH/kWh en 2022).
Saviez-vous qu'une industrie marocaine raccordée en très haute tension peut payer son kWh deux fois moins cher qu'une PME en moyenne tension, simplement en raison de son profil d'usage ? La grille industrielle ONEE prévoit une dizaine de combinaisons tarifaires, et le bon choix peut faire varier la facture annuelle de plusieurs centaines de milliers de dirhams.
Vous dirigez une unité industrielle au Maroc et vous voulez comprendre ce que vous paie réellement, ou anticiper la réforme tarifaire de l'ANRE ? Cette page récapitule, à partir des grilles publiques de l'ONEE en 2026, les prix du kWh en moyenne tension, haute tension et très haute tension, le mode de facturation par poste horaire, les redevances réseau de l'ANRE et les leviers d'optimisation à votre disposition.
Quel est le prix du kWh industriel au Maroc en 2026 ?
Le prix de l'électricité pour une industrie au Maroc dépend de trois variables : la tension de raccordement (MT, HT ou THT), l'option tarifaire souscrite (général, longue, moyenne ou courte utilisation) et le poste horaire de consommation (pointe, pleines, creuses). En moyenne, un industriel paie son kWh entre 0,61 DH (THT en heures creuses) et 2,10 DH (HT en heures de pointe sur l'option très courte utilisation), TVA 20 % comprise.
À titre de comparaison, le tarif moyen pour une entreprise marocaine s'établissait à 1,072 DH/kWh en septembre 2025 selon Global Petrol Prices, contre 1,172 DH/kWh pour les ménages — l'industrie bénéficie donc d'une décote de l'ordre de 9 % par rapport au résidentiel, principalement grâce à la facturation par tranche horaire et à la prime fixe qui dilue le coût unitaire pour les gros consommateurs.
0,7131
kWh MT en heures creuses
Tarif Général ONEE, TVA comprise
0,6077
kWh THT en heures creuses
Option TLU > 6 000 h/an
494,09
Prime fixe MT par kVA et par an
Tarif Général moyenne tension
Le tableau ci-dessous résume la fourchette des prix industriels en vigueur. Les détails par option et par poste horaire sont développés dans les sections suivantes.
| Niveau de tension | Cible industrielle | kWh min. (HC) | kWh max. (HP) |
|---|---|---|---|
| Moyenne tension (MT) — 5,5 / 22 / 60 kV selon zones | PME, ateliers, petites unités industrielles | 0,7131 DH | 1,3645 DH |
| Haute tension (HT) — 60 kV | Grandes usines, zones industrielles, parcs logistiques | 0,6263 DH | 2,0999 DH |
| Très haute tension (THT) — 150 / 225 kV | Cimenteries, sidérurgie, mines, électrointensifs | 0,6077 DH | 1,9088 DH |
Tarifs en dirhams TTC, TVA 20 % comprise. Source : ONEE — Branche Électricité, grille en vigueur en mai 2026.
Pour les particuliers et les commerces raccordés en basse tension, la grille est très différente — voir le détail des tarifs de l'électricité au Maroc pour les ménages, qui couvre les tranches domestiques de 0,9010 DH à 1,5958 DH par kWh.
Tarif moyenne tension (MT) : la grille ONEE pour les industries
Le tarif moyenne tension de l'ONEE est le tarif de référence pour la grande majorité des unités industrielles marocaines — PME, ateliers, agro-industries, hôtels, hôpitaux et grandes surfaces commerciales raccordés au réseau public en 5,5, 22 ou 60 kV. Il se compose d'une prime fixe facturée au kVA souscrit et d'une redevance de consommation ventilée par poste horaire.
Le client peut souscrire au tarif général (la formule par défaut, présentée ci-dessous) ou opter pour le tarif optionnel « Super Pointe », qui ajoute une tranche horaire spécifique de 18 h à 20 h en hiver (19 h à 21 h en été). L'option « Super Pointe » pénalise très fortement les consommations en début de soirée, mais récompense en contrepartie celles décalées hors de cette fenêtre.
Grille tarif général moyenne tension en mai 2026
Prime fixe
494,09 DH
par kVA souscrit et par an, TTC
Postes horaires
3 plages — pointe, pleines, creuses
Système horaire GMT, ajusté en cas de passage à l'heure d'été (GMT+1).
| Poste horaire | Plage indicative | Prix du kWh |
|---|---|---|
| Heures de pointe | Soirée — 5 h par jour environ | 1,3645 DH |
| Heures pleines | Journée hors pointe | 0,9736 DH |
| Heures creuses | Nuit — environ 7 h consécutives | 0,7131 DH |
Tarifs en dirhams TTC, TVA 20 % comprise. Source : ONEE — Tarif Général moyenne tension, grille en vigueur en mai 2026.
Comment se calcule la facture moyenne tension ?
La facture mensuelle d'une unité industrielle en MT additionne deux blocs : la prime fixe au prorata du nombre de jours, et la consommation effective par poste horaire. Un industriel qui souscrit 800 kVA de puissance paie ainsi 395 272,00 DH de prime fixe par an, soit environ 32 939,33 DH/mois, indépendamment de sa consommation réelle.
Tout dépassement durable de la puissance souscrite (en kVA appelés) déclenche une facturation supplémentaire : il est donc essentiel de calibrer correctement la souscription au démarrage et de réajuster en cas de modification du parc machine. Pour ouvrir, modifier ou résilier votre contrat, identifiez votre agence ONEE par préfecture ou la régie locale (Lydec à Casablanca, Redal à Rabat, Radeema à Marrakech, Amendis à Tanger…).
Tarif haute et très haute tension : 4 options selon votre durée d'utilisation
Au-delà de la moyenne tension, les industries de très grande taille — cimenteries, raffineries, sidérurgie, OCP, mines, parcs industriels d'envergure — sont raccordées directement en haute tension (60 kV) ou très haute tension (150 ou 225 kV). À ce niveau de raccordement, l'ONEE propose quatre options tarifaires communes, classées selon la durée annuelle d'utilisation de la puissance souscrite : TLU, MU, CU et TCU.
Plus la durée d'utilisation est longue, plus la prime fixe est élevée mais plus le prix du kWh devient compétitif. À l'inverse, une activité saisonnière ou un site de secours bénéficie d'une prime fixe modeste mais paie son kWh nettement plus cher. Toutes les grilles intègrent un coefficient de réduction de puissance de 1 (HP), 0,6 (HPL) et 0,4 (HC), qui pondère les dépassements selon le poste horaire concerné.
Tarif optionnel haute tension (60 kV) — grille 2026
| Option | Durée d'utilisation | Prime fixe (DH/kW/an) | HP | HPL | HC |
|---|---|---|---|---|---|
| TLU — Très longue utilisation | > 6 000 h/an | 2 379,13 | 0,8265 | 0,6613 | 0,6263 |
| MU — Moyenne utilisation | 3 500 à 6 000 h/an | 952,76 | 1,3561 | 0,7988 | 0,6263 |
| CU — Courte utilisation | 1 000 à 3 500 h/an | 475,46 | 1,8101 | 0,9388 | 0,6567 |
| TCU — Très courte utilisation | < 1 000 h/an | 421,81 | 2,0999 | 0,9692 | 0,6611 |
Tarifs en dirhams TTC, TVA 20 % comprise. HP = heures de pointe, HPL = heures pleines, HC = heures creuses. Source : ONEE — Tarif Optionnel THT-HT.
Tarif optionnel très haute tension (150-225 kV) — grille 2026
| Option | Durée d'utilisation | Prime fixe (DH/kW/an) | HP | HPL | HC |
|---|---|---|---|---|---|
| TLU — Très longue utilisation | > 6 000 h/an | 2 128,60 | 0,7833 | 0,6473 | 0,6077 |
| MU — Moyenne utilisation | 3 500 à 6 000 h/an | 852,17 | 1,2477 | 0,7673 | 0,6077 |
| CU — Courte utilisation | 1 000 à 3 500 h/an | 426,08 | 1,6454 | 0,8924 | 0,6348 |
| TCU — Très courte utilisation | < 1 000 h/an | 378,00 | 1,9088 | 0,9213 | 0,6391 |
Tarifs en dirhams TTC, TVA 20 % comprise. Coefficients de réduction de puissance : 1 (HP) / 0,6 (HPL) / 0,4 (HC). Source : ONEE — Branche Électricité.
Une option dédiée « Super Pointe »
En complément des quatre options ci-dessus, l'ONEE propose pour la HT et la THT un tarif optionnel « Super Pointe » qui ajoute une plage horaire dédiée « SHP » (super heures de pointe). Cette plage couvre 18 h à 20 h en hiver et 19 h à 21 h en été, en heure GMT. Le kWh y est facturé à un prix nettement supérieur à celui des heures de pointe ordinaires, mais en contrepartie les autres postes bénéficient de tarifs préférentiels — ce qui en fait une option attractive pour les industries capables de couper ou de réduire fortement leur appel de puissance pendant le pic de consommation national.
Heures de pointe, pleines, creuses : décalez vos process pour économiser
La structure horaire ONEE découpe la journée en trois plages de tarification, conçues pour refléter l'équilibre offre-demande sur le réseau marocain. La période de pointe correspond au pic de consommation du soir (typiquement 17 h-22 h en heure légale, 18 h-23 h pour les particuliers en bi-horaire), où les centrales d'appoint au fioul sont sollicitées et où le coût marginal de production grimpe fortement.
Pour un industriel, l'écart de prix entre les trois postes représente le principal levier d'optimisation à grille tarifaire constante. En moyenne tension, le kWh d'heures de pointe coûte 91 % de plus que le kWh d'heures creuses (1,3645 DH contre 0,7131 DH) ; en haute tension TLU, l'écart est plus contenu mais reste de l'ordre de 32 %.
Repères horaires utiles
Heures de pointe
17 h – 22 h
5 h par jour. Plage la plus chère, à éviter pour les process flexibles.
Heures pleines
7 h – 17 h
Journée ouvrable hors pointe. Tarif intermédiaire.
Heures creuses
22 h – 7 h
Nuit. Tarif le plus bas, idéal pour les charges déplaçables.
Quels process décaler en priorité ?
Tous les usages industriels ne sont pas déplaçables, mais certains process se prêtent particulièrement bien au lissage : pompage et compression d'eau, broyage et concassage en cimenterie, congélation et production de glace en agroalimentaire, recharge de flottes de véhicules électriques, électrolyse, et de manière générale tout process produisant un stock tampon. Programmer ces équipements en heures creuses peut générer plusieurs points de marge brute sur l'année.
À l'inverse, l'éclairage, la climatisation, les bureaux et les chaînes d'assemblage en flux tendu sont par construction synchronisés avec les heures pleines — l'optimisation passe alors par l'efficacité énergétique (LED, isolation, variateurs, récupération de chaleur) plutôt que par le décalage temporel.
Redevances réseau (TURT, TSS) : ce qui s'ajoute au tarif ONEE
La grille ONEE n'est pas la seule composante de la facture industrielle. Depuis l'entrée en vigueur de la loi 48-15 et la création de l'Autorité nationale de régulation de l'électricité (ANRE), plusieurs tarifs réglementés rémunèrent l'usage des infrastructures de transport et les services système — autrefois inclus dans le prix de vente intégré, désormais explicitement séparés pour préparer l'ouverture du marché.
Pour la période 2024-2026, l'ANRE a fixé deux tarifs structurants : le TURT (tarif d'utilisation du réseau de transport) et le TSS (tarif des services système). Ils s'appliquent à tout client raccordé au réseau de transport (THT et HT principalement), ainsi qu'aux producteurs et autoproducteurs qui injectent de l'énergie sur le réseau.
| Tarif | Couverture | Niveau (centimes/kWh) |
|---|---|---|
| TURT | Utilisation du réseau de transport (THT + HT) | ≈ 6,39 c |
| TSS | Services système (réserve, équilibrage) | ≈ 6,35 c |
Niveaux 2024 — l'ANRE révise les tarifs annuellement sur la période 2024-2026. Source : ANRE — décision tarifaire d'accès au réseau de transport.
À ces tarifs nationaux s'ajoutent, pour les industriels raccordés en moyenne tension via une régie de distribution, le TURD (tarif d'utilisation du réseau de distribution moyenne tension) et la CSD (contribution aux services de distribution), eux aussi en cours d'encadrement par l'ANRE. Tous ces postes seront unifiés et révisés dans la grande réforme tarifaire prévue pour mars 2027.
Comment réduire la facture d'électricité d'une industrie au Maroc ?
Quatre leviers principaux permettent à un industriel marocain de baisser sa facture d'électricité : l'optimisation du contrat ONEE (choix de l'option tarifaire, calibrage de la puissance souscrite, basculement HT vers THT si l'investissement réseau le justifie), le décalage horaire des process flexibles, l'efficacité énergétique et l'autoproduction renouvelable.
L'autoproduction renouvelable, ouverte par la loi 82-21
La loi 82-21 publiée au Bulletin officiel en février 2023, complétée par la loi 40-19 modifiant la loi 13-09, autorise désormais toute industrie marocaine à produire sa propre électricité renouvelable — sur site (panneaux solaires en toiture, éolien) ou hors site (centrale dédiée connectée au réseau pour son compte). Le surplus peut être injecté sur le réseau et revendu au gestionnaire dans la limite de 20 % de la production annuelle.
Pour un site industriel marocain disposant d'une grande toiture sud, le solaire photovoltaïque atteint des coûts complets (LCOE) inférieurs au tarif heures pleines ONEE — ce qui fait du PV en autoconsommation un investissement amortissable en 5 à 8 ans selon les projets, avant même toute aide.
L'électricité verte ONEE pour la moyenne tension
Pour les industriels qui ne peuvent pas autoproduire, l'ONEE a ouvert le 14 avril 2025 un service d'électricité verte à destination de ses clients moyenne tension. Le mécanisme repose sur des garanties d'origine : l'ONEE certifie qu'un volume équivalent à votre consommation a été produit en solaire, éolien ou hydraulique sur le réseau national. C'est un levier RSE et de conformité (CBAM européen, scope 2 GHG Protocol) plus qu'une économie immédiate.
Les premiers volumes (60 GWh livrés en 2025) ont été pris par Tanger Med Utilities, Saint-Gobain et Managem, signal que les industriels exposés à l'export ou aux engagements climat des donneurs d'ordre internationaux y voient un intérêt direct.
Avantages et limites des principaux leviers
Avantages
- Décalage horaire — gain immédiat sans investissement, jusqu'à 50 % d'écart entre HP et HC en MT
- Choix d'option HT/THT (TLU vs TCU) — adapter la prime fixe au profil de marche réel
- Solaire en autoconsommation — amorti en 5 à 8 ans, indépendance partielle vis-à-vis du réseau
- Garanties d'origine ONEE — verdir son scope 2 sans investissement matériel
- Efficacité énergétique (variateurs, récupération de chaleur, isolation) — économies durables et co-bénéfices CO₂
Inconvénients
- Décalage horaire — limité aux process avec stock tampon ou 3×8 possible
- Bascule HT → THT — investissement de raccordement de plusieurs millions de DH
- Solaire — surface de toiture limitante, dépendance à l'ensoleillement, complexité de l'autorisation pour l'injection
- Garanties d'origine — surcoût marginal mais pas de réduction directe de facture
- Efficacité énergétique — payback parfois > 7 ans selon les chantiers
Réforme tarifaire ANRE 2027 : ce qui va changer pour les industriels
La grille industrielle marocaine n'a pas connu de révision d'ensemble depuis 2015. En décembre 2025, l'ANRE a lancé un appel d'assistance technique pour refondre intégralement le système tarifaire de l'électricité, avec une livraison attendue à l'horizon mars 2027. Toutes les composantes seront revues en cohérence — TURT, TURD, TSS, TEX (énergie excédentaire des renouvelables) et CSD.
Le diagnostic public de l'ANRE est sans détour : en 2022, le coût moyen de production atteignait 1,21 DH/kWh contre un prix moyen de vente de 0,94 DH/kWh, créant un déficit structurel pour l'ONEE estimé à environ 20 milliards de DH sur la seule année 2022, et une dette accumulée supérieure à 60 milliards de DH. Avec un mix de production encore fossile à plus de 80 % (charbon, gaz, fioul), exposé à la volatilité des cours internationaux, une simple stagnation des prix devient politiquement coûteuse.
Trois pistes que la réforme pourrait acter
- Une hausse calibrée des tarifs industriels pour rapprocher le prix de vente du coût réel — particulièrement en moyenne tension, qui n'a pas évolué depuis dix ans.
- Une régionalisation possible, avec des tarifs différenciés selon les zones de raccordement et la disponibilité locale des énergies renouvelables (sud solaire, nord éolien).
- Le renforcement de la tarification horo-saisonnière, pour mieux refléter les pointes estivales (climatisation) et le risque de défaillance du réseau aux heures critiques.
Pour les industriels, la fenêtre 2026 est donc le moment de sécuriser des contrats d'approvisionnement long terme — autoproduction PV, PPA renouvelable, garanties d'origine — afin d'amortir l'impact de la future hausse. Les industries électrointensives qui n'ont pas encore exploré la THT ou l'autoproduction y gagneront un effet de levier double : prix bas aujourd'hui, et indexation moins forte sur la grille post-2027.
Questions fréquentes sur les tarifs industriels au Maroc
Six questions concrètes que se posent les directions industrielles, achats et énergie marocaines avant de souscrire un contrat moyenne tension ou de revoir leur option tarifaire.
D'après les données publiques de Global Petrol Prices, le prix moyen de l'électricité pour les entreprises au Maroc s'établissait à 1,072 DH/kWh en septembre 2025, contre 1,172 DH/kWh pour les ménages. Pour une industrie raccordée en moyenne tension à l'ONEE, le coût réel oscille entre 0,71 DH/kWh en heures creuses et 1,36 DH/kWh en heures de pointe (TVA 20 % comprise), auxquels s'ajoute la prime fixe annuelle de 494,09 DH/kVA.
La moyenne tension (MT) alimente la grande majorité des PME et unités industrielles raccordées en 5,5 / 22 / 60 kV (selon les régions). La haute tension (HT) à 60 kV concerne les grandes usines et zones industrielles, tandis que la très haute tension (THT) à 150 ou 225 kV est réservée aux très grands consommateurs (cimenteries, sidérurgie, mines). Plus la tension de raccordement est élevée, plus le kWh est bon marché — mais l'investissement de raccordement et la prime fixe sont aussi plus élevés.
Le critère de choix est la durée annuelle d'utilisation de la puissance souscrite. Au-delà de 6 000 heures par an (industrie en 3×8), l'option TLU minimise le prix du kWh malgré une prime fixe élevée. Entre 3 500 et 6 000 heures, l'option MU est généralement la mieux placée. Pour une activité saisonnière ou en arrêt fréquent (moins de 1 000 heures), le tarif TCU évite de payer une prime fixe disproportionnée.
Le marché de fourniture d'électricité au Maroc reste essentiellement monopolistique à l'aval : l'ONEE et les régies de distribution (Lydec, Redal, Radeema, Amendis…) servent les clients finaux. En revanche, depuis la loi 13-09 et la loi 82-21 sur l'autoproduction (2023), une industrie peut autoproduire de l'électricité renouvelable sur site, ou s'associer avec un producteur privé qui injecte sur le réseau MT/HT/THT pour son compte. Le surplus peut être revendu au gestionnaire de réseau dans la limite de 20 %.
L'ANRE a lancé en décembre 2025 une refonte complète de la grille tarifaire — la précédente datait de 2015. La réforme, attendue pour mars 2027, doit refléter les coûts réels du système et couvrir les TURT, TURD, TSS, TEX et CSD. Les analystes anticipent une hausse des tarifs car le coût moyen de production (≈ 1,21 DH/kWh en 2022) dépasse durablement le prix moyen de vente (≈ 0,94 DH/kWh), créant un déficit structurel à l'ONEE.
Depuis le 14 avril 2025, l'ONEE permet à ses clients moyenne tension de s'approvisionner en électricité d'origine renouvelable via un mécanisme de garanties d'origine. Concrètement, l'industriel achète son énergie à l'ONEE et reçoit un certificat attestant qu'un volume équivalent (en MWh) a été produit en solaire, éolien ou hydraulique. Près de 60 GWh ont déjà été livrés à Tanger Med Utilities, Saint-Gobain et Managem.
Pour aller plus loin
En résumé, le prix de l'électricité industrielle au Maroc s'étage entre 0,6077 DH/kWh en très haute tension TLU (heures creuses) et 2,0999 DH/kWh en haute tension TCU (heures de pointe), avec une fourchette dominante autour de 0,90-1,00 DH/kWh moyenne pondérée pour la majorité des sites MT. Trois actions concrètes à mener dans les prochaines semaines :
- Analyser votre courbe de charge horaire des 12 derniers mois pour vérifier si l'option tarifaire actuelle (TLU, MU, CU, TCU) est bien calibrée — un audit chez votre agence ONEE locale coûte zéro et peut réorienter la souscription.
- Évaluer un projet de solaire photovoltaïque en autoconsommation au titre de la loi 82-21, ou demander à l'ONEE un devis de garanties d'origine pour verdir votre scope 2 sans investissement matériel.
- Anticiper la réforme tarifaire de mars 2027 en sécurisant des PPA renouvelables ou des engagements long terme avant la révision de la grille moyenne tension.